Art d'Eiji
conversation
Participation à l'exposition collective
à la galerie Arnaud Lefebvre
8 décembre 2022 - 25 février 2023
Arnaud Lefebvre : Cher Eiji, Bonjour, nous ne sous sommes pas vu depuis des années, depuis que vous êtes retourné au Japon en 2010.
Eiji Suzue : Je vous remercie de cette occasion, et je m’excuse de n’y pas participer directement sur l’écran avec l’image, à cause de ma condition physique insuffisante.
Je réponds par écrit à vos questions.
A.L. : Pourriez-vous nous dire ce qui a changé dans votre art depuis votre retour au Japon?
E.S. : Pour moi, il s’agit de la hauteur de la qualité de l’intuition poétique dans l’art.
Jadis, j’ai vu un aspect poétique abondant.
Je continue à rechercher cette confirmation et cette représentation dans la vie réelle.
Alors, même s’il semble que la manière a changé, l’expression en racine n’a pas changé et y convergerait plutôt.
A.L. : Pouvez-vous nous parler des quatre peintures qui sont exposées actuellement à ma galerie?
E.S. : S'il y a assez d'espace pour l’accrochage, les quatre doivent être installées idéalement à l’horizontale.
En ce cas, des regards et consciences qui voient voler en tous sens, en reliant les points rouges sur la toile, dans l’espace qui n’a rien de remarquable concrètement.
Ils doivent également essayer de se nouer dans le vide au sein ou au cœur de chaque toile.
Et aux point rouges qui sont marqués avec la section d’or, on devra être dans une sorte d’équilibre primordial.
Comme on le sait, la phénoménologie de Husserl considère le courant de la conscience pure.
Je veux éviter de lui donner un sens inadéquat qui manquerait d'attention pour l’impossibilité de l’expression.
C’est pour la sensibilité maximale et libre des personnes qui les regardent.
A.L. : Votre art se compose de peinture et dessin, de sculpture et de poésie. Quelle est votre poésie récente? Quelle est votre sculpture récente?
E.S : J’ai terminé un recueil poétique (de 34 poèmes) qui est intitulé „la mort (de la conscience)“.
C’est une approche poétique et phénoménologique vers la conscience.
À Paris, j’avais tâché d’assimiler la culture, le climat européen, français et surtout parisien, et d’écrire dessus.
Sur la sculpture à Paris, seules les parties découpées avait été formées, en revanche récemment les restes en dehors des parties découpées se sont ajoutés ensemble comme une œuvre.
C’est un sujet, l’aller et retour de la conscience.
Là où rien n’est perdu à la dispersion et la convergence.
A.L. : Voici un poème de vous qu’a traduit Yves-Marie Allioux, un grand spécialiste de poésie japonaise récemment décédé. Pouvez-vous le lire en japonais?
E.S. : La lecture en japonais par Eiji Suzue.
習う
鈴江栄治
血流が とおくから 寄り もとめる
なにものにも 成らない 行方を
言い 及ぼうとして 示されない
抱きしめようのない 放射の もの
すり抜け つづけてゆく 収斂の
天性に 植え付けられて 来るたびに
習う ありようは そのようにしか
なかったと そのことだけで 涙腺は
閉じようもない ゆえに かすかに
張り めぐらされる 結節の 自覚が
あえかな 在り処の 耳殻にとどき
みることとの 通底を たどる
淡く 推移する 矜持の 呼応は
消え行くという ゆるぎない 受諾に
A.L. : la lecture de sa traduction par Arnaud Lefebvre.
S’exercer
Eiji Suzue traduction Yves-Marie Allioux
Le sang qui circule de loin s’approche et poursuit
De ce qui ne sera jamais rien la trace
Cherchant à l’évoquer sans pouvoir se montrer
Sans moyen d’être étreinte une radiance
S’insinue se perpétue implantée dans l’inné
De la convergence et qui chaque fois qu’elle survient
S’exerce La réalité ne s’était présentée que
Sous ces apparences et de ce seul fait les glandes
lacrymales
Ne peuvent se clore si bien que vaguement
La conscience des nodosités tendues circulaires
Parvient au pavillon de l’oreille frêle demeure
Et suit les courants profonds qui la lient à la vision
Alors faiblement évolue une juste réaction d’amour- propre
l’acceptation inébranlable de la disparition
à Galerie Arnaud Lefebvre 2013
A.L. : Merci beaucoup Cher Eiji d’avoir accepté de faire cette rencontre Zoom.
E.S. : Merci beaucoup à vous.